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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 09:28
 
COMMUNIQUÉ


 
 
Le Grand Orient de France prend acte de la décision de la Commission des lois de l’Assemblée Nationale qui, le mercredi 12 septembre a, selon le Monde daté du 13 septembre, « voté un amendement autorisant le recours aux tests ADN », « en cas de doute sérieux sur l’authenticité de l’acte d’état civil », dans la gestion de l’immigration et dans le cadre du regroupement familial ».
 
« Les agents diplomatiques ou consulaires pourront proposer au demandeur d’un visa d’exercer à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d’une filiation biologique déclarée ».
 
Il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, en vertu du Code Civil, « l’étude génétique des caractéristiques d’une personne ne peut être entreprise qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique », ainsi qu’en matière pénale.
 
Le Grand Orient de France s’inquiète de l’utilisation des progrès de la technique dans les sciences biologiques à des fins policières et répressives qui rappellent des comportements de sinistre mémoire.
 
Il proteste contre la discrimination qu’induit la loi entre des étrangers et des citoyens français, sur le plan humain, quand l’intimité de familles entières est bafouée par des investigations qui, certes, devraient rester volontaires, mais dont les conséquences, quand elles pourraient mener au maintien de la séparation, ne peuvent être ignorées.
 
Il s’oppose à l’évolution actuelle philosophique et politique des sociétés occidentales du Nord. Quand en France, 25 000 retours au pays sont programmés dans l’année (le journal le Monde du même jour), quand le regroupement familial est considéré comme un danger et traité comme un délit, jamais n’est pris en compte le destin tragique de nos contemporains et frères humains du Sud qui ne fuient leur pays que pour échapper à la misère.
 
La politique n’est pas uniquement le traitement de l’urgence par la répression et la brutalité.
 
La politique n’est pas un repliement sur des certitudes identitaires douillettes et illusoires.
 
Nos pays et en particulier l’Europe s’honoreraient de toujours garder en filigrane dans leurs décisions la dimension humaniste.
 
Le Grand Orient de France souhaite que la révolution française ne soit pas dans l’esprit et la lettre « l’allègre illusion » que dénonçait René Char.
 
Il veut être la sentinelle des valeurs des lumières dans une République où la liberté ne peut pas s’entendre sans l’égalité et la fraternité, sauf à être celle du loup dans la bergerie.
 
Sans violence mais avec obstination et persévérance, il continuera à dénoncer toutes les décisions qu’il sait contraires à la dignité des hommes, des femmes et des enfants, quels que soient leur pays, leur religion, en un mot, leur différence.
 
 
 
Paris, le 14 septembre 2007

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commentaires

Xav. 16/10/2007 16:40

Le problème majeur concernant les tests A.D.N. est que l'on a occulté la réalité concrète du dossier pour en faire un terrain de bataille idéologique. Il est temps à mon sens de revenir à des considérations plus pragmatiques. En effet, que se passe-t-il aujourd'hui réellement sur le terrain ? Lorsqu'une personne immigrée fait une demande de regroupement familial pour un membre de sa famille, cette demande est étudiée par l'administration. Le fonctionnaire en charge du dossier peut soit considérer que la demande est valable et donner un avis positif, soit penser qu'il y a une fraude éventuelle et rejeter la demande. On en arrive donc à 4 cas de figure : une personne de bonne foi peut voir sa demande acceptée, une personne ayant fraudé peut voir sa demande rejetée, une personne de bonne foi peut se voir refuser l'entrée dans notre territoire et une personne ayant fraudé peut voir sa demande acceptée. Tout cela dépend de la capacité de discernement du fonctionnaire et de la qualité du dossier. Il apparait évidement injuste qu'une personne de bonne foi se voit refuser l'accès à notre territoire sur une erreur de discernement. Pareillement, il me parait difficilement acceptable qu'une personne ayant menti sur ses liens de parenté mérite d'être accueillie sur notre territoire. Les tests A.D.N. permettraient d'aider le fonctionnaire dans ses choix difficiles : En effet, le test A.D.N. permettrait de confirmer de manière quasi-certaine le lien de parenté, ou de l'infirmer en cas de tentative de fraude. Ce mode opératoire me parait plus fiable que de se baser uniquement sur les capacités de discernement du fonctionnaire et sur un dossier 'papier' comportant pièces d'identité et actes de naissance dont on sait que de nombreux faux circulent (et se revendent) partout dans le monde. Ils permettraient par exemple de faire accepter le dossier d'une personne de bonne foi n'ayant pu se procurer son acte de naissance plutôt que celui d'une personne qui aurait eu assez d'argent pour se procurer de manière illicite tous les documents recquis. Biensur, ces tests engendreraient surement de nouvelles fraudes et il convient d'être vigilant quant à leur mise en application et le suivi des procédures. Il faudra surement même faire évoluer la loi régulièrement pour coller à la réalité du terrain. Aux détracteurs des tests A.D.N., je rappelle que la loi ne les rend pas obligatoires : seules les personnes désireuses de prouver à l'administration française leur bonne foi pourront faire un prélèvement pour attester de leur bonne foi. Personnellement, je trouve le système actuel assez injuste et je pense que les tests A.D.N. permettraient de solutionner efficacement des situations compliquées. D'ailleurs, lorsque nous regardons autour de nous, de nombreux pays d'Europe ont adopté ce type de mesure, quelque soit la couleur de leur gouvernement. J'aimerais savoir pourquoi il est si difficile en France de réussir à trouver un consensus au delà de nos partis politiques ... (pays Européens ayant adopté les tests A.D.N. : Suède, Allemagne, Espagne, Angleterre, Belgique etc etc)