Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 16:59

Lu sur Mediapart aujourd'hui.

 

 

Il avait parlé de Film Socialisme, du siècle qui commence et du précédent, du cinéma, de lui, de la critique, de littérature et de peinture, de tennis, de football aussi. Et puis, voici que, dans le dernier des dix volets de l'entretien exceptionnel qu'il a accordé à Mediapart, le 27 avril, Jean-Luc Godard évoque, sans le savoir encore, l'affaire Woerth-Bettencourt. Ses tenants, ses aboutissants et ses protagonistes. Comme l'ébauche d'un scénario. En quelques phrases et quelques silences, il dessine des situations. A moins qu'il ne les ait devinées. A moins qu'à la manière des poètes, il n'ait été visionnaire, voyant par le détour de l'imaginaire ce que nos informations allaient dévoiler, anticipant par l'imagination ce que cachait la réalité, transperçant le réel d'une fulgurante intuition…

 

Il répondait alors à une question de Sylvain Bourmeau, Ludovic Lamant et Edwy Plenel sur la permanente agitation de Nicolas Sarkozy (00'55''). «Il peut être dans un autre rôle... Il fait penser des fois à ces vieux bonapartiste chez Balzac (...). C'est pas Rastignac. Rastignac, c'est un vrai salaud. L'autre, c'est... Il ferait un bon majordome, lui par exemple. S'il aime le luxe et les trucs pourquoi est-ce qu'il ne serait pas valet à Buckingham ou des choses comme ça. Il serait heureux. Qu'est-ce qu'il a besoin... Et puis, il pense peu.»

 

Si la présence de Nicolas Sarkozy dans la distribution ne surprendra pas, il est notable que Jean-Luc Godard ait d'emblée songé à un personnage de majordome, qu'on ne trouve plus que chez Feydau (Tailleur pour dames, Un fil à la patte), chez Hergé (cf. le Nestor du capitaine Haddock) ou dans les films de Jean Girault (Christian Marin dans Pouic-Pouic) et de Philippe de Broca (Jean Rochefort dans Les Tribulations d'un Chinois en Chine).

 

Dans l'affaire Woerth-Bettencourt, le personnage est incarné par Pascal B., dix-sept ans passés au service d'André Bettencourt (l'époux de Liliane décédé en 2007). Il est l'auteur des fameux enregistrements clandestins, qui ont donné un tour politique à ce qui était jusqu'alors l'affaire Banier-Bettencourt. Malgré les apparences, il ne s'agit donc pas d'un second rôle.

 

Passons aux emplois féminins. Jean-Luc Godard pressentait-il la situation en devenir? Toujours est-il qu'il en pointe un des nœuds.

 

«Et elle? relance Edwy Plenel évoquant Carla Bruni-Sarkozy. Parce que c'est un personnage qui joue l'idée presque d'être un personnage de cinéma. Elle joue avec. Elle essaye...» (02'07'') «Et tant mieux pour elle, réplique Jean-Luc Godard. Moi, j'aime mieux Nadine de Rothschild si vous voulez. Voyez qui c'est? Ben voilà, j'aime mieux. Parce que je me souviens d'elle quand elle s'appelait Nadine je sais pas quoi dans des films je sais pas qui en 19... Nadine Tallier. Je m'en souviens. J'aimais bien moi ce genre de midinette qui me branchait comme on dit. Mais après de la retrouver comme ça... Pas du tout. C'est pas madame Bettencourt. Elle, elle travaille quand même: elle crée. Les autres, ils créent pas. Les Sarkozy, ils s'occupent, ils créent pas.»

Partager cet article

Repost 0

commentaires