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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 16:59

Dernier post publié par Antoine Blanca le 1er mai dernier

Le FMI tel que je l'ai connu

Au cours de ma longue expérience, militante, dipomatique et onusienne, j'ai beaucoup entendu parler du FMI. Plusieurs personnalités françaises, toutes des belles pointures en matière d'économie et de finances, en ont assuré la Direction générale. Leur dévouement n'est pas en cause. Mais je dois dire que la seule prononciation de ce sigle, F M I, me met un goût d'amertume à la bouche et me donne des douleurs à l'estomac. Pour tout dire, j'ai toujours vu ce Fonds laisser, après son passage, une longue et persistante traînée de misère accrue pour les catégories sociales les plus exposées. Sans exception aucune, quel que soit le pays et quelle que soit la région du monde concernés.

En fait, le Directeur général ne doit pas être regardé comme le premier responsable de cette triste réalité. Il n'en est que la figure la plus visible. Les maîtres du système, pour tout dire, sont les grandes nations qui ont le contrôle absolu de son conseil directeur. Et par dessus tout les Etats-Unis. J'ai été le témoin direct, en tant qu'Ambassadeur de France en Argentine de mai 84 à Noël 88, d'une tentative du patron du FMI, alors notre compatriote Michel Camdessus, de régler "définitivement et radicalement" (m'avait-il dit avec un enthousiasme contengieux), le problème de la dette colossale du pays de ma résidence. Mais au bout du compte, quand il vint avec six semaines de retard à Buenos-Aires, il n'avait plus rien à proposer. Malgré ses pauvres dénégations il était évident que l'administration Reagan s'était fermement opposée à ce type de réglement. Conséquence, l'Argentine est toujours aujourd'hui un pays plombé par une dette gigantesque dont seuls les gouvernements militaires (et leurs ministres de l'Economie, fortement soutenus par le capitalisme international) étaient responsables. Avec les taux d'intérêt internationaux, passés, sous le régime républicain américain, des années 80, de 4 à 13%. Il fallait bien payer le budget mirobolant de la Défense, "guerre des étoiles" comprise. Washington décidait, le reste de la planète payait.

Et là aussi, en Argentine, il appartenait à la démocratie renaissante de payer la facture. Et le reaganisme adorait maintenir la tête des démocraties authentiques le plus longtemps possible sous l'eau. Washington les voulait vulnérables.

Je ne méconnais pas les raisons désespérantes qui ont obligé Papandréou à recourir à cette organisation financière internationale. J'ai la certitude que l'actuel DG, Dominique Strauss-Kahn, mettra beaucoup de coeur, de capacité de conviction, d'imagination, et de générosité personnelle, au service de sa délicate mission.

Au bout du compte, toutefois, la machine et le système mis en place par les puissants du monde et les maîtres de la  grande spéculation, finiront par écraser les citoyens grecs, demain peut-être aussi les Portugais, qui vivent essentiellement du produit de leur travail.

Quand ils en ont un.

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

La qualité de son blog n'a pas rencontré l'audience méritée.

Vous pouvez encore consulter ses analyses pour vous en convaincre et l'inciter à reprendre son blog mis en sommeil.

 

 

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