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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 09:23
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 09:13
Nicolas Domenach titre un article dans Marianne "Et si Sarkozy enterrait la Gauche ?". On a connu un journaliste plus inspiré et plus perspicace.
Il n'y a aucun risque.
Le vrai scoop est que la Gauche enterrera Nicolas Sarkozy, pas dans les semaines qui viennent mais lorsque le temps sera venu. Celui de la déception, des désillusions, des promesses non réalisées.
.
Il serait temps que l'on cesse de surestimer - travers occidental et surtout français - le rôle des individus, le rôle des campagnes électorales et des pressions médiatiques pouir inciter le bon peuple à suivre le droit chemin, c'est à dire le seul qui vaille, celui de la droite et de l'individualisme.
Surestimation du locus interne, sousestimation du locus externe.
Sarkozy était là au bon moment pour profiter d'une logique de situation à laquelle il a fort peu contribué contrairement aux affirmations répétées sur le génie manoeuvrier de cet individu.
Rien de nouveau sous le soleil, il ne fait que recycler les vieilles ficelles de VGE, Barre, Reagan, Bush, Berlusconi, Aznar...

Il n'a fait qu'accompagner un mouvement de fond momentané de l'opinion française.
Toutes les explications sur la prétendue faiblesse de Ségolène Royal, l'état de décomposition du PS ne rendent pas compte de ce qui se passe.
Il y a un potentiel de situation qui permet, tolère et supporte les extravagances de notre apprenti sorcier qui veut mettre en oeuvre les méthodes américaines de Reagan.
Lorsque les faits prouveront l'inanité de la plupart de ses remèdes miracles, l'opinion retrouvera sa lucidité et se détournera du charlatanisme ambiant.
Les soubresauts actuels de la gauche - déplaisants au demeurant - ne sont pas les signes annonciateurs de sa disparition.
Les hommes disparaissent, les idées, les valeurs restent. Notamment celles de la solidarité, de la raison et de la volonté d'agir pour un monde meilleur pour tous.
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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 20:41
Extrait du journal de Henry Bauchau "Le présent d'incertitude"(2002-2005)


11 juin 2002

"Passant dans l'avenue Ledru-Rollin tout à l'heure : circulation bouchée, mauvais air, innombrables motards pétaradants, une pensée m'est venue et qui m'a fait rire : tous ces gens qui pensent à tout sauf à l'unique nécessaire. Puis m'est venu : tous ces gens qui sont obligés constamment à penser à tout sauf à l'unique nécessaire. Cela m'a semblé comique aussi du comique de l'absurde où nous baignons tous. Je riais et je sentais en même temps une grande compassion tant pour les autres Parisiens que pour moi-même, car nous sommes tous enfermés ensemble dans la peu visible prison de la société.

Quand nous percevons cette absurdité et cette infâme injustice nous pouvons nous indigner. Moi qui n'est plus la force de l'indignation, de la colère active, je suis maintenant plus porté vers le rire. Car le rire, s'il est souvent une arme, arme efficace que je n'ai guère su utiliser, est aussi un moyen de désarmer les puissants, les dupés qui sont à leur côté et tous ceux qui affichent de grandes certitudes. Le rire fait sentir physiquement qu'il y a peu de certitudes, peu de vraie connaissance et que constamment l'erreur nous aveugle."


En ce mois de juin 2007, mieux vaut rire de l'absurde de la situation politique en France que de passer notre temps à nous en indigner.
Les blogs de Nico Shark et celui de la République des fourmis peuvent nous y aider.
http://www.zanorg.com/nicoshark/
http://fourmis.over-blog.org/
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 12:21
anti_bug_fckLe syndicat de salariés TU propose une assistance nouvelle aux salariés de Nokia Siemens Network menacés de perdre leur emploi. 700 postes de travail devraient être supprimés. 
Des conseils en gestion de carrière, développement de compétences, équilibre vie professionnelle-vie personnelle sont offerts. Des séminaires seront organisés dans plusieurs villes : Helsinki, Espoo, Tampere, Oulu.
(Lu sur le blog de Juhani Artto)

TU's campaign offers support
for personnel of Nokia Siemens Network


TU (01.06.2007 - Timo Kärkkäinen) In June, the Union of Salaried Employees, TU will begin a campaign aimed directly at the personnel of Nokia Siemens Network (NSN), now under real threat of losing their jobs. Employees of the company will be offered advice as to career planning and in coping with changes in working life.

Through its campaign TU seeks to introduce a new form of service. Members will be supported even during the statutory consulting time between the employer's and employees' representatives - in other words before any employee has been giving notice.

"In the past, this kind of campaign has not been carried out by any union", the President of TU Antti Rinne said on Thursday in Helsinki when making the campaign public. "Unions have to live in the present time. We want to offer services that our rank of file really expect and need."

The unions have to respond fast to NSN's plan to cut 700 jobs in Finland, Rinne insists.

"We offer new support services to the employees under threat of losing their jobs. We bring close to them career guidance services and our expertise in training and in safeguarding one's interests."

The campaign and its range of training/educational events are open to all NSN employees.

"One has not to be a TU member to participate the campaign. Everybody is welcome to the various events", Rinne assures.

TU will carry out the campaign in cooperation with AS3 Finland Oy, a company specialising in managing processes of change in working life.

The campaign truck will visit all cities or places where NSN has operations and career guidance seminars will be organised. The first event takes place 11 June in Helsinki. The other events are organised for 12 June in Espoo, 13 June in Tampere and 15 June in Oulu.

The TU's campaign truck will show up at each NSN unit with all the available information about the services the union offers in safeguarding employee interests and also about the services connected to the unemployment fund. Counselling in matters relating to employment will also be provided together with information on job seeking and training opportunities.

On event days, career guidance seminars will be organised in all four cities. The purpose of the seminars is to increase self-awareness of the professional capabilities the participants already possess while assisting them at the same time in analysing their own individual abilities.

TU markets its campaign at its rank and file working for NSN, by regular mail, e-mail and mobile telephone messages. All NSN employees are invited to the events using advertisements in newspapers covering the Greater Helsinki Area, Tampere and Oulu.

More information:
  • President of TU Antti Rinne, gsm 358 - 40 - 500 7626
  • Head of Communication Jaana Aaltonen, gsm 358 - 50 - 336 6286




 
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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 09:10
 

En toute période décevante, déroutante le recours à la poésie peut calmer les déceptions et permettre d'attendre des jours meilleurs.
La conclusion de l'introduction à la thèse de Véronique Denizot sur le jeune Ronsard prend sens dans le contexte politique actuel de la France. 
Au lieu de se lamenter ou de tenter de faire entendre une musique qui ne pourra être écoutée que dans quelques temps, un détour par la Renaissance parait recommandable.

"La contradiction s’accuse de plus en plus entre un monde décevant et le rêve persistant de la louange admirative. Le déchirement du poète se décèle, par exemple, dans l’inspiration très variée des Poëmes, tantôt mélancoliques, tantôt joyeux ; mais surtout il travaille de l’intérieur ses œuvres. Ainsi, les Discours, nés des conflits avec les Protestants, bien que polémiques et empêtrés dans une histoire quotidienne sordide, ne peuvent renoncer à l’idéal héroïque de la gloire. La Franciade en revanche, épopée glorieuse, résiste assez mal aux lézardes du désenchantement. C’est alors dans la fantaisie de la poésie que Ronsard se réfugie. Maître de tous les styles et de tous les tons, il offre son œuvre comme un monde divers et prodigue où chacun saura trouver un plaisir à son goût. La déception causée par le monde est sinon comblée, du moins oubliée, dans la diversité intarissable de sa poésie. "


Comme un soucy aux rayons du soleil. Le jeune Ronsard : une poétique de la merveille ? [1]

Véronique Denizot


 

1

Sous l’angle de l’émerveillement, c’est la poétique de Ronsard que ma thèse se propose d’étudier. Son œuvre obéit en effet à une logique de l’admiration : divinement étonné et inspiré par ce qui l’entoure, le poète espère à son tour émerveiller ses lecteurs grâce à la beauté inouïe de son œuvre. La poétique de la merveille, c’est à la fois celle qui sait déceler les objets admirables du monde pour les célébrer, et celle qui fait, selon l’expression de Ronsard lui-même, dresser les cheveux sur la tête d’admiration et de stupéfaction sous l’effet de ses procédés.

2

Mon étude porte principalement sur les premières publications du poète. Plus précisément, j’ai retenu les années 1550-1556, durant lesquelles paraissent, entre autres, les cinq livres des Odes, les premiers recueils amoureux et les deux livres des Hymnes. Cette période correspond à l’effervescence des débuts et à la composition de grands recueils monumentaux, avant que les troubles politiques et religieux ne perturbent la belle assurance de Ronsard, homme et poète, et qu’il n’ait à repenser profondément son projet poétique. Les années de genèse du poète sont en effet intéressantes à plus d’un titre : on y saisit, dans toute leur fraîcheur enthousiaste, les prétentions de la jeune Pléiade à réinventer la poésie française, on décèle sous des formulations franches et ambitieuses l’intentionnalité du poète triomphant, on perçoit dans chacune de ses publications un élément fondateur pour établir le renouveau. La charge d’étonnement et d’admiration qu’elles veulent provoquer est très forte, car l’émotion et la surprise sont les armes de Ronsard dans son combat contre les forces de l’ignorance et de la tradition. Ses deux ennemis sont la foule ignare et la routine culturelle, qu’il confond à plus d’un titre, parce qu’elles s’en tiennent au déjà connu et répètent du déjà dit. L’homme de bien se caractérise au contraire par sa capacité de sursaut : révolte et indignation devant l’obscurantisme mauvais ou admiration joyeuse et reconnaissante face à la beauté novatrice.

3

L’admiration est ainsi une notion clef dans l’élaboration de l’attitude poétique de Ronsard : elle est la pierre d’angle du triple rapport que le poète établit avec le monde, les mots et les lecteurs. A l’univers qui fait de lui un être merveilleux en lui insufflant l’inspiration poétique, Ronsard répond en célébrant dignement ses merveilles. Et ses poèmes surprenants renouvellent le regard que le lecteur porte sur les hommes et les choses, dont il ne percevait pas, ou plus, la beauté et le mérite. Comme passeur inspiré, Ronsard retire, pour ses créations, une part de gloire, et ne cache pas que l’espoir de briller aux yeux des hommes redouble son désir d’écrire et son talent. La complicité est parfaite entre ces trois termes qui trouvent leur inspiration dans la contemplation des deux autres et qui sont, chacun, révélé dans sa gloire par le regard émerveillé que ces deux autres portent sur lui. En effet, la notion de merveille implique toujours une relation. L’être merveilleux n’existe pas en soi, mais il naît d’un regard subjectif et ému. C’est pourquoi j’ai choisi l’image de la fleur du souci, qui tourne en suivant les rayons du soleil, pour illustrer la poétique de la merveille. Ronsard, qui l’utilise souvent, semble lui-même la trouver représentative. Elle exprime le travail douloureux du poète et sa métamorphose en fleur dorée de poésie.

4

C’est l’amour du soleil qui confère à la fleur une forme, une couleur et un mouvement similaire à celui-ci. Ainsi, le poète admiratif devant la beauté du monde conçoit sa poésie comme un petit cosmos animé, grâce à son désir, du même mouvement de vie. Comme le souci, symbole poétique de l’ordre du monde, le poète veut représenter tout l’univers. Cette image rappelle que la vocation poétique est d’abord une manière de sentir et de percevoir, et non une habileté technique à composer des vers. Le vrai poète et le bon lecteur sont ouverts à l’émotion et à l’admiration ; ils laissent s’imprimer en eux les sentiments et les sensations de l’émerveillement. Ronsard fuit l’immobilisme de l’écriture et porte une grande attention aux procédés susceptibles d’animer le texte et le lecteur. De plus le soleil, figure contradictoire de l’unique et de l’absolu, illustre le paradoxe qui fonde la merveille. Sa singularité inimitable en fait une image de la perfection universelle. C’est ainsi que Ronsard se fie à l’originalité irréductible de sa parole pour composer une œuvre parfaite et totale. Et pour le poème, comme pour la fleur héliotropique, le miracle naît de la disproportion entre les moyens et la fin. Ce qui force l’admiration, c’est moins la ressemblance en soi, que la prouesse de la fleur qui a fait siennes les qualités solaires pour donner naissance à un miracle de la nature. L’imitation poétique ne conduit jamais à la répétition, au déjà vu ou au déjà dit, mais elle permet de briller de feux redoublés, puisqu’elle enrichit l’œuvre nouvelle du prestige d’une matière plus ancienne. La fragilité de la fleur passagère, dont la fantaisie est de rejoindre le soleil, signifie le caractère dérisoire des mots pour embrasser l’univers. Leur succès à tous les deux est certain : le souci et le poète donnent chacun naissance à un résultat étonnant, qui va bien au delà de l’imitation, mais relève de l’invention créative.

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« Merveille » et « émerveillement » : c’est à la lumière de ces termes polysémiques, et entraînant derrière eux la cohorte des admirations, étonnements, monstres, prodiges et magnificences, que j’ai lu l’œuvre de Ronsard. Une étude lexicologique, théorique et historique de ces termes s’imposait, à laquelle j’ai consacré mon prologue. En effet, il fallait tout d’abord cadrer la terminologie, ou plutôt mettre en évidence son foisonnement et ses interactions avec la poésie. J’ai complété cette étude lexicologique par un rapide tour d’horizon contextuel, moins exhaustif que problématique : face à l’impossibilité flagrante de saisir cette notion-Protée pour l’ensemble de l’époque étudiée, j’ai fait quelques études de détail sur des textes théoriques humanistes et sur des poètes français qui ont précédé les premières publications de Ronsard. Ceci m’a permis de dégager des questions et des notions utiles pour comprendre son œuvre.

7

La Renaissance hérite de théories poétiques et philosophiques qu’elle redécouvre avec une curiosité enthousiaste et à partir desquels elle forge ses propres conceptions. La piste s’est vite dédoublée, grâce à Aristote, entre d’une part l’étonnement philosophique primordial de l’homme devant les choses, et d’autre part la longue histoire d’une rhétorique de la louange admirative. Les théories du philosophe et rhétoricien grec sont connues à la Renaissance et servent à cautionner ou inventer des pratiques modernes. C’est ainsi qu’on trouve, dans des traités humanistes, une double préoccupation éthique et esthétique concernant l’émerveillement. La recherche du beau en soi est difficilement dissociable du souci moral de promouvoir les vertus en suscitant l’admiration à leur égard. La gratuité de l’émerveillement ne va pas de soi. Le statut de la poésie à la Renaissance, sœur de la rhétorique, mais dotée aussi de vertus propres pour dire des vérités profondes et restées cachées au langage ordinaire, invitait à explorer ces deux traditions de l’éloge et de la connaissance. Le langage poétique favorise en effet les confusions entre la connaissance et la contemplation. La phase d’observation étonnée qui prélude normalement à la science se distingue mal, dans ce cas, de la constatation que le monde est beau. Et c’est ainsi que l’admiration sous-tend le rapport qui existe entre la morale et la science d’une part, et l’esthétique de l’autre.

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J’ai complété ce prologue par une étude du contexte poétique. Il s’agissait de trouver ce qui, chez les prédécesseurs de Ronsard, avait pu lui plaire et l’influencer, quoi qu’il en dise, et a contrario, noter ce qui semblait absolument neuf dans sa poésie. Je n’ai pas entrepris une véritable lecture comparative qui rende justice à ces auteurs, mais j’ai voulu explorer la façon dont certains ont pu concevoir le rôle de l’émerveillement dans leur poétique, avant Ronsard : Clément Marot, par exemple, dont la poésie apparaît résolument étrangère à celle de notre auteur. C’est aussi largement le cas de celle du jeune Du Bellay, dont L’Olive obéit à un type d’inspiration très différent de celui de Ronsard. Maurice Scève en revanche, semble plus proche de lui, dans sa recherche héroïque d’une beauté idéale.

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Il apparaît finalement que si Ronsard a pu trouver, dans les textes humanistes, des fondements solides pour étayer son idéal de grandeur d’une poésie digne d’admiration, la manière de susciter l’émerveillement ne lui a pas été dictée, ni même suggérée, mais relève bien, d’une manière générale, de sa propre interprétation des choses et de son génie singulier.

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Dans la première partie, j’ai étudié le corpus genre par genre, de manière chronologique, pour ressaisir le mouvement de composition des œuvres. Cette partie, consacrée successivement à l’ode, au sonnet et à l’hymne, a voulu mettre à jour l’originalité des formes et des thématiques propres à chaque recueil, tout en soulignant l’unité d’inspiration du poète, héroïque et élevée, et les échos d’un projet cohérent au fil des années. Il me semblait notamment important d’étudier les points communs entre les Odes et Les Amours de Cassandre, souvent mis en sourdine à cause de leur séparation dans les publications postérieures des Œuvres complètes.

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Sur les trois genres auxquels s’essaie Ronsard dans sa jeunesse, deux sont totalement neufs en France. Le poète accompagne la publication des Odes d’une préface qui porte aux nues cette invention. Quant aux Hymnes, ils paraissent à un moment où la nouvelle esthétique est mieux connue et appréciée ; ils ne bénéficient pas de ce type de mise en scène, mais leur composition même fait figure d’événement. La charge novatrice de ces œuvres est donc très forte.

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Dans la section consacrée aux Odes, j’ai centré mon étude sur l’imitation de Pindare. L’audace du jeune poète éclate dans le choix de ce modèle réputé inimitable. Il adopte ainsi une posture héroïque qui le met en consonance avec les dédicataires dont il fait l’éloge. A Pindare, il emprunte l’étrangeté de la forme et de la manière, l’érudition mythologique et l’obscurité furieuse, si bien qu’il se pare, grâce à son antécédent, du nimbe glorieux de la poésie inspirée et sacrée des origines. Il ne renonce pas à la tonalité grave et élevée dans Les Amours de Cassandre, publiés deux ans plus tard. Ronsard retravaille les procédés pétrarquistes dans une veine à la fois épique et sensuelle. Son insertion dans un genre à la mode évite les mièvreries exagérées de la mignardise et les idéalisations d’un néoplatonisme trop éthéré. Mais il fait de la dame adorée une merveille, réellement incarnée dans des portraits « énargiques » et sublimes que lui peint sa passion admirative. Enfin, Les Hymnes posent la question du projet didactique de Ronsard. Loin de prétendre expliquer les grands mystères qui gouvernent l’univers, il décrit, dans ses poèmes, quelques perles choisies parmi ces mirabilia. La diversité de son inspiration et de ses sujets ne se résout pas dans une vision encyclopédique raisonnée du monde, mais présente une collection éclectique d’objets offerts à l’étonnement du lecteur.

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Ainsi, sous l’unité d’une inspiration sublime, chaque genre véhicule un imaginaire de représentation qui lui est propre et appuie sa légitimité sur des mises en scènes particulières. Les divers objets auxquels s’attache successivement le poète deviennent, sous sa plume, des merveilles pour le lecteur. De plus, les genres que choisit Ronsard ne sont pas nés de rien : il s’inspire au contraire de pratiques codifiées et retravaille des modèles anciens ou modernes. C’est ainsi que d’ores et déjà, la création des merveilles naît autant d’un travail sur les choses que d’une admiration réflexive sur le pouvoir et la beauté des mots.

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La seconde partie est consacrée aux rapports établis par le poète avec le lecteur. Ronsard est très sensible aux conditions de réception de son œuvre. Il joue à l’effet de présence, au face-à-face devant l’objet célébré ; et il tente de créer une relation subjective qu’il veut personnelle avec son anonyme lecteur. L’étude, plus transversale que dans la première partie, porte sur tout ce qui, dans la poésie, brise la linéarité raisonnable de la lecture en métamorphosant la parole, pour créer un effet étrange et admirable. Ainsi, dans les Odes et Les Amours de Cassandre, Ronsard assimile sa parole à une flèche ou au mouvement d’une aile, allié à la douceur de la plume. Par ces métaphores, essentiellement inspirées de Pindare et d’Horace, il insiste sur l’efficacité pointue et percutante de sa poésie, sans renoncer à l’ampleur du vol du cygne horatien. Les deux images métatextuelles se conjuguent dans les sonnets amoureux, grâce à la figure d’Amour Archer. Elles introduisent aussi, par l’idéal de vivacité qu’elles véhiculent, à une esthétique de la brièveté. Ronsard conçoit la juste parole efficace comme un éclair éblouissant qui subjugue ; grâce aux formes brèves de l’ode et du sonnet, mais aussi grâce à des images métatextuelles, il célèbre l’à propos de ses vers et fait de chacun un événement fugitif et parfait. Ce type d’écriture trouve une justification dans les sonnets consacrés à Cassandre, par son analogie avec l’expérience du coup de foudre amoureux. Le poète refuse la seule compréhension rationnelle du langage et veut provoquer un choc chez le lecteur, pour le conduire à une reconnaissance plus spontanée et profonde de la beauté et de la vérité de ses propos.

17

C’est aussi la raison pour laquelle il compare la poésie à la musique, qui évite également le détour par la raison et s’adresse directement aux affects de l’auditeur. Les métaphores musicales sont très fréquentes chez Ronsard, et sont liées à une réflexion sur la langue et sur les pouvoirs de l’harmonie. Sa conception de la poésie, largement fondée sur la prise en compte des valeurs « naturelles » des sonorités, renouvelle profondément les théories de la fin du Moyen-Age, et notamment celles des Grands Rhétoriqueurs, qui bâtissaient leurs œuvres comme des jeux de composition et des prodiges d’artifices. Ronsard espère au contraire étonner, en retrouvant dans ses vers « l’admirable inconstance naturelle » au moyen d’une langue neuve, réconciliée avec ses qualités musicales originelles.

18

C’est à la peinture, discipline sœur de la musique, que j’ai consacré la fin de cette partie. Dans ses descriptions aussi, et grâce au procédé de l’enargeia, Ronsard entend aller plus vite que les mots, et susciter chez son lecteur la surprise admirative provoquée par un tableau que l’on met sous les yeux. Le modèle de Ronsard, comme de toute la Renaissance, est la poésie d’Homère dont la lecture ne lasse jamais, et qui procure un plaisir toujours renouvelé, à chaque fois que l’on réveille l’énergie contenue dans ses vers par une lecture vive et admirative. Ronsard fonde ses tableaux sur l’harmonie imitative, en lien avec la musicalité des vers, et sur l’insertion de détails nombreux ; dans une logique maniériste, il semble considérer que l’amplification des descriptions embellit l’objet et donc la description poétique. Enfin, selon une habitude déjà repérée, il réfléchit métatextuellement à sa création et représente, par des descriptions « énargiques », ses propres pouvoirs d’artiste. Dans le même temps, Ronsard expérimente les capacités illusoires du langage ; il sait que les descriptions ne donnent jamais naissance qu’à des fantômes, dans l’imagination des lecteurs. Et souvent, chez lui, elles n’imitent pas vraiment la réalité, mais permettent l’évocation de tout ce qu’on ne peut pas voir et qui semble impossible, c’est-à-dire les conceptions fantaisistes de l’esprit. De cette manière, le poète engendre à nouveau la surprise émerveillée, en révélant des mondes invisibles aux yeux.

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La troisième partie explore la façon dont le poète perçoit les complexités du monde et les peint. Elle interroge plus précisément le projet didactique de la poésie. En effet, la noblesse de cette dernière repose depuis toujours sur ses prétentions à dévoiler des vérités cachées et profondes. Cette ambition philosophique et encyclopédique, Ronsard la porte au plus haut degré. Mais dans le même temps, il est très conscient de la spécificité de la poésie : le poète n’imite pas la réalité pour la rendre cohérente, mais il veut redoubler le plaisir surpris qu’elle suscite chez les esprits ouverts. Il espère donc retranscrire le merveilleux dans ses vers. Le sentiment d’admiration, fondement de la poésie, l’emporte finalement sur la volonté de persuader. Dès lors, le rapport à la vérité des choses n’est plus de l’ordre de la raison et de l’explication, mais dans la plongée audacieuse au cœur des mystères et des contradictions du réel. Il ne s’agit pas tant, pour le poète, de révéler une vérité, que d’explorer toutes les potentialités contenues dans un objet. L’aspect didascalique ne se distingue pas du merveilleux de la révélation inspirée. L’étrangeté de ce projet poétique, Ronsard choisit de l’illustrer par des figures divines emblématiques qui patronnent son projet. C’est tout d’abord les Muses qui, dans l’Ode à Michel de l’Hospital, signifient le désir curieux du poète ; elles laissent la place, dans Les Hymnes, à une série de dieux « médiateurs » entre le ciel et la terre : Bacchus, Hercule et plus tard Mercure. A travers ces figures, c’est la liberté souveraine de sa quête et de sa création que Ronsard célèbre, délivrées de leur sujétion à la rationalité du réel.

21

D’ailleurs la réalité elle-même échappe à la raison pour le poète qui explore l’étrangeté de l’univers et la double face des choses ; il ne renonce pas à sa fonction didactique, mais choisit d’enseigner en provoquant l’étonnement. Pour cela, il pratique l’art du paradoxe qui pose des contradictions au lieu de les résoudre. De cette manière, Ronsard dépeint un monde versatile et complexe, à la mesure de l’homme. De la brève sentence, piquante et inattendue, aux développements fastueux de certains hymnes paradoxaux, il travaille toute la gamme des étonnements provoqués par l’ambiguïté du langage et des choses.

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La complexité de la réalité apparaît également dans les fables, qui voilent et dévoilent les mystères de l’univers. Le mensonge, exhibé sans scrupules, est mis au service d’une vérité supérieure inaccessible à la raison. Les emplois qu’en fait Ronsard sont nombreux dans les trois recueils étudiés. Souvent, les fables ne délivrent pas de sens allégorique évident ; mais comme les paradoxes, elles invitent à la quête du sens un lecteur dérouté. C’est comme si devait répondre, au plaisir de composition du poète, le plaisir d’interprétation du lecteur. Finalement, c’est toujours l’hameçon de l’étonnement qui produit l’intérêt et fait la richesse de la lecture. Au-delà de leur traditionnelle fonction proprement didactique et morale, Ronsard fait une large place, dans ses récits, à l’imagination débridée. Ainsi, il fait droit à la fantaisie, consciente ou non, qui régit notre rapport au monde. Le suspens de l’intrigue et la beauté des histoires confisquent à leur profit l’étonnement herméneutique, et ouvrent une voie à la gratuité si problématique du plaisir littéraire.

23

*

24

De façon moins systématique, l’épilogue éprouve les permanences et les transformations de la poétique de l’émerveillement après 1556, et notamment à travers les trois grands genres nouveaux que pratique Ronsard dans Les Poëmes, Les Discours et La Franciade. Très différents puisque Les Discours, polémiques et conjoncturels, relèvent largement des genres délibératif et judiciaire, que Les Poëmes couvrent des domaines et tonalités variés, alors que La Franciade veut illustrer l’éloge suprême de l’épique, ils nous ont servi de révélateurs des constances de Ronsard et des impasses où il est entré dans sa quête de l’inconditionnelle louange totalisatrice.

25

La contradiction s’accuse de plus en plus entre un monde décevant et le rêve persistant de la louange admirative. Le déchirement du poète se décèle, par exemple, dans l’inspiration très variée des Poëmes, tantôt mélancoliques, tantôt joyeux ; mais surtout il travaille de l’intérieur ses œuvres. Ainsi, les Discours, nés des conflits avec les Protestants, bien que polémiques et empêtrés dans une histoire quotidienne sordide, ne peuvent renoncer à l’idéal héroïque de la gloire. La Franciade en revanche, épopée glorieuse, résiste assez mal aux lézardes du désenchantement. C’est alors dans la fantaisie de la poésie que Ronsard se réfugie. Maître de tous les styles et de tous les tons, il offre son œuvre comme un monde divers et prodigue où chacun saura trouver un plaisir à son goût. La déception causée par le monde est sinon comblée, du moins oubliée, dans la diversité intarissable de sa poésie.

Notes

[1]

Thèse de doctorat de l’Université de Paris X-Nanterre, préparée sous la direction de Madame Isabelle Pantin.

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 18:41

Encore une très bonne émission sur France Inter, elles ne sont pas légions autant en profiter, Eclectik du 2 juin reçoit Patti Smith, des chroniqueurs étrangers et Guillaume Erner.
http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/ECLECTIK/ECLECTIK20070602.ram

Pour un accès rapide à la Chronique du pire, positionnez vous sur le repère 58.21 (jusquà 1.02.35).

samedi 2 juin 2007

Patti Smith - Chroniqueurs Européens

C’est tout simple. L’album s’intitule « 12 ». Ou plutôt « twelve ». parce qu’il y a 12 chansons. Sur la pochette est écrit Patti Smith puisque c’est d’elle dont il s’agit. Et on voit un tambourin. Le cadeau d’un homme qu’elle a aimé et qu’elle a rencontré qand elle avait 20 ans.

Sur ce disque, Patti Smith interprète des chansons qui l’ont marquée dans sa jeunesse mais aussi des plus récentes, dont certaines qu’elle a découvertes en buvant un café dans le bistrot de son quartier. Des chansons pop, des chansons rock dans des versions dépouillées et avec sa voix à elle. Patti Smith est en tournée. France Inter est partenaire de l’album comme des concerts.

Conversation avec Patti Smith, c’est l’heure EclectiK ce matin


24h en 6 mn par Thomas Chauvineau

Pour son journal de bord, Thomas Chauvineau a suivi Laurent Toqué un homme qui a la foi, un homme qui y croit, un homme qui sillonne les routes de France et de Navarre… Et tout ça pour quoi. Pour vendre des disques. Parce que téléchargement ou pas, les disques, Laurent Toqué aime ça.


La revue de presse du pire de Guillaume Erner

Pierre Gilles de Gennes est mort cette semaine mais les français peuvent se rassurer ; il nous reste au moins un grand scientifique, je veux parler de l’immense généticien Johnny Hallyday qui nous a légué la vérité définitive suivante : « Ça ne change pas un homme, un homme ça vieillit ». En quelques mots, le grand homme a résumé notre conception française en matière de destinée humaine.


les chroniqueurs étrangers

Joëlle Meskens parle de la persistance de 2 mythes : Tintin... & Dalida.

Johannes Wetzel revient sur la Gay Pride qui a eu lieu à Moscou le week end dernier, l'occasion de faire le point sur les droits des homosexuels en Europe...

Et après la palme d'or attribuée à un jeune cinéaste roumain, Edita Urmonaite évoque l'importance de la France pour le cinéma d'Europe de l'Est.


programmation musicale

  • > Patti Smith : Within you, without you
    (Columbia)
  • > Patti Smith : Pastime Paradise
    (Columbia)
  • > Patti Smith : Smells like teen spirit
    (Columbia)
  • > Benjamin Biolay : Dans ma merco benz
    (Virgin)
  • > Etienne Daho : Sortir ce soir
    (Virgin)
  • > Emilie Simon : Dame de Lotus
    (Barclay)
  • > Travis : Closer
    (Sony BMG)

disque

photoDisque

Patti Smith

Twelve

label : Columbia
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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 18:16
Un poême de Pierre de Ronsard, écrit en 1573, sur le souci du jardin (calendula), avec une dédicace au Sieur Cherouvrier, excellent musicien.

 Le souci. Au sieur Cherouvrier

sur BNF Gallica

> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27780g.table   pages 110 à 112

> fac-similé de l'ouvrage

sur Les Bibliothèques Virtuelles Humanistes (Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance de Tours

> http://www.bvh.univ-tours.fr/Consult/consult.asp?numfiche=159&index=647&numtable=cesr_6002&mode=1

Souci
Calendula officinalis
Souci, Calendula officinalis
Famille : Astéracées
Origine : Europe
Période de floraison : d'avril aux gelées
Couleur des fleurs : jaune, orange, brun
Exposition : soleil, mi-ombre
Type de sol : ordinaire
Acidité du sol : neutre
Humidité du sol : normal
Utilisation : bordure, massif, rocaille
Hauteur : 60 cm
Type de plante : fleur
Type de végétation : annuel
Type de feuillage : caduc
Rusticité : gélif
Plantation, rempotage : printemps
Méthode de multiplication : semis en place en avril
Taille : -
Espèces, variétés intéressantes :
- Calendula officinalis 'Baby orange' aux fleurs doubles
Maladies et insectes nuisibles : l'oïdium
Toxicité : -

Comme la capucine ou l'oeillet d'inde, le souci est annuel. Il fleurit allégement tout l'été et sa floraison peut débuter dès le mois d'avril et s'étaler jusqu'au début décembre !

Elle possède des vertus médicinale, et ses jeunes feuilles peuvent être dégustées en salade. N'hésitez pas, étonnez en utilisant ses fleurs pour décorer vos plats de salade.

A l'inverse de la capucine, le souci repousse de nombreux insectes, réservez-lui une place au potager qu'il viendra par la même occasion égayer.

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 12:01
Une très bonne émission sur France Inter le 26 mai dernier avec notamment : 
la Chronique du Pire de Guillaume Erner sur le poête René CHAR  ( indice 58.30 à 1.02.23) 
et des chroniqueurs étrangers qui s'expriment sur SICKO le dernier film de Michael Moore et le système médical et social américain ( à partir de l'indice 1.02.30)..

http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/ECLECTIK/ECLECTIK20070526.ram

Présentation de l'émission sur le site de France Inter

Boutros Boutros-Ghali - Chroniqueurs américains avec Laurence Garcia

Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l'ONU de 1992 à 1996, fut nommé Secrétaire général de la Francophonie de 1997 à 2002, concrétisant ainsi sa proximité diplomatique avec la France sur la scène internationale. Il est vice-président du Haut Conseil de la Francophonie. Laurence Garcia est allée à sa rencontre au siège de l'Unesco pour une discussion à bâtons rompus.


24h en 6 mn par Thomas Chauvineau

L'esclavage contemporain existe. Les coupeurs de cannes haïtiens en sont la preuve vivante et Céline Anaya Gautier en est le témoin. La photographe a passé en tout six mois en République dominicaine et explique n'être « qu'un oeil ». Révoltée par la situation de ces Haïtiens à la merci des grands propriétaires dominicains, elle se bat pour mettre en lumière leur statut d'esclaves. Les premiers clichés de son exposition (du 15 mai au 15 juin à l'usine Spring Court ,Paris 11e), résument leurs conditions de vie, de leur arrivée clandestine jusqu'aux mutilations punitives dont ils sont souvent victimes. Des images fortes en émotion, où l'on perçoit le quotidien inhumain de la vie dans les bateys (campements).


les chroniqueurs étrangers

Michael Moore revient avec son documentaire Sicko présenté à Cannes, Boris Vian nous manque, et un petit retour sur le cas des cinq cumulards de l'équipe Fillon. Trois sujets présentés par David Page en duplex du festival de Cannes, Michel Dolbec et Eduardo Olivares

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 10:48
Lu dans l'apologie de Raimond Sebon.

Le cheval sait que le chien est en colère quand il aboie d'une certaine façon, et d’une autre sorte d'aboiement il ne s’effraie pas. Même les animaux dénués de voix ont entre eux des systèmes d’échange de services qui nous donnent à penser qu’il existe entre eux un autre moyen de communication : leurs mouvements expriment des raisonnements et exposent des idées.

     Ce n’est pas loin de ce que l’on voit chez les enfants,
     qui compensent du geste la déficience de leur langage.

     [Lucrèce, V, 1030]

     50. Et pourquoi pas ? Nous voyons bien des muets discuter, argumenter, se raconter des histoires par signes. J’en ai vus qui étaient si adroits, si bien formés à cela, qu’en vérité, il ne leur manquait rien et se faisaient comprendre à la perfection. Les amoureux se fâchent, se réconcilient, se remercient, se donnent rendez-vous, enfin se disent toutes choses avec les yeux.

     Le silence même sait prier et se faire entendre.
     [Le Tasse, Aminte, acte II]

     51. Et que dire des mains ? Nous demandons, promettons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, comptons, confessons, nous repentons, craignons, avons honte, doutons, instruisons, commandons, incitons, encourageons, jurons, témoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, méprisons, défions, nous fâchons, flattons, applaudissons, bénissons, humilions, nous moquons, nous réconcilions, recommandons, exaltons, festoyons, réjouissons, nous plaignons, nous attristons, nous décourageons, nous désespérons, nous étonnons, écrions, nous taisons... Que ne faisons-nous pas avec une variété aussi infinie que celle de la langue ! Avec la tête nous convions, renvoyons, avouons, désavouons, démentons, souhaitons la bienvenue, honorons, vénérons, dédaignons, demandons, éconduisons, égayons, nous lamentons, caressons, réprimandons, soumettons, bravons, exhortons, menaçons, rassurons, interrogeons... Et que dire des sourcils ? des épaules ? Il n’est pas de mouvement qui ne parle, c’est un langage intelligible sans qu’il soit enseigné, et c’est pourtant un langage public, ce qui fait que, quand on voit la variété des autres et l’usage spécifique qui en est fait, on est plutôt porté à penser que celui-ci est bien le propre de la nature humaine. Je laisse à part ce que la nécessité apprend à ceux qui en ont soudainement besoin : les alphabets de doigts, la grammaire des gestes, et les sciences qui ne s’exercent et ne s’expriment que par ces moyens-là. De même pour les peuples dont Pline nous dit qu’ils n’ont pas d’autre langue.
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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 10:27
Un point de vue intéressant  - mais partiel et partial sur cette question - publié sur le site de FONDAPOL.
La lecture présentée mérite d'être confrontée aux avis publiés par la Confédération européenne des syndicats sur cette question ainsi qu'aux livres de Dominique MEDA  et Alain LEFEBVRE ( Fait il brûler le modèle social français ?)  et ceux de Magnus FALKEHED ( Le modèle suédois - Petite bibliothèque Payot)
 Le discours du Ministre du Travail Finlandais - Tarja FILATOV -lors d'une Conférence sur le travail décent en décembre 2006 à Bruxelles apporte aussi un éclairage pertinent.
http://www.mol.fi/mol/en/01_ministry/06_press/press20061204/index.jsp


L'exemple scandinave, modèle ou alibi ?
Document de travail, par Anna Stellinger :: jeudi 22 mars 2007
Changement social >> Emploi : nos propositions >> Document de travail

L'exemple scandinave, modèle ou alibi ? Les hommes politiques français ont pris la bonne habitude de regarder à l’extérieur des frontières pour y trouver des modèles qui réussissent en matière constitutionnelle, économique ou sociale. Après les modèles anglais, américain, japonais, allemand ou hollandais, la mode est à nouveau aux « pays du nord de l’Europe » ou au « modèle scandinave ». Anna Stellinger, Directeur Economie-Société de la Fondation pour l’innovation politique, propose un décryptage de ce modèle que certains candidats à l’élection présidentielle aiment à présenter comme un exemple à suivre pour la France.
Anna Stellinger
Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'Université de Lund (Suède), Anna Stellinger  est spécialiste du marché du travail et de la réforme de l'Etat, en particulier du modèle d’Etat scandinave. Depuis novembre 2005, elle est directeur du pôle « Economie et société » à la Fondation pour l'innovation politique.
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