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La citoyenneté s'use si l'on ne s'en sert pas. La République est l'affaire de chaque citoyen libre de s'informer, de s'exprimer et d'échanger

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Balades politiques (éditeur Les Prairies ordinaires)

Entretiens avec Jean-Christophe Marti

Balades politiques

Véronique Nahoum-Grappe
Balades politiques-Entretiens avec Jean-Christophe Marti-Véronique Nahoum-Grappe
 

Avec 22 photographies n&b de Marc Pataut

« Dans Balades politiques, Véronique Nahoum-Grappe invite le lecteur à la pratique de la balade comme mode privilégié de « résistance au présent ». C’est en effet au cours de ces moments qui s’inscrivent « dans le rien de la vie », que sont déjouées le plus vigoureusement nos prétentions à lire le monde, que sont malmenées nos certitudes et nos convictions. Ce temps de « l’accueil », parfaitement adapté à nos capacités cognitives, a une dimension politique : il ouvre à la possibilité de la nouveauté, du surgissement de l’événement. La balade, c’est l’absence de cause finale, c’est la « suspension du monde », et donc un outil efficace pour penser ce qui est en train d’arriver.

Au cours de ces promenades parisiennes, Véronique Nahoum-Grappe nous propose aussi de pénétrer au cœur de son univers, éclaté et pourtant cohérent : elle évoque le travail de description comme seule posture « honnête » face au présent, elle revient sur son expérience de la guerre en ex-Yougoslavie, elle explique comment la caractérisation anthropologique des violences extrêmes peut servir de soubassement à leur définition juridique, elle exprime une vision singulière du féminisme et du féminin dans nos sociétés... »

Véronique Nahoum-Grappe & Jean-Christophe Marti

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue à l’EHESS. Au sein du CETSAH (Centre d’études transdisciplinaires, Sociologie, Anthropologie, Histoire), ses recherches s’orientent vers l’anthropologie des pratiques corporelles et de la différence des sexes dans notre société contemporaine.

Jean-Christophe Marti est compositeur. Il travaille avec plusieurs ensembles de musique contemporaine et pour le théâtre, en s’attachant notamment aux rencontres entre disciplines artistiques et sciences sociales.

Dans la presse

La Meilleure façon de marcher

Pour vivifier les pensées comme on fouette les sangs, rien de tel que la promenade, surtout si elle est posture, disponibilité, table rase du regard... Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, le temps est venu de le fouler : la célèbre « onzième thèse » de Marx, à peine modifiée, conviendrait bien à la longue lignée des penseurs aux semelles de vent... Véronique Nahoum-Grappe, qui prolonge cette pédestre filiation, le rappelle dans un livre d’entretiens : marcher sans but, c’est déjà renverser le monde... Outre la politique du pavé, qui est aussi celle de manifester ou d’accueillir le tragique sans l’esthétiser (à rebours du spectacle télévisuel), ce qu’ils chantent tous dans la promenade, c’est la déprise de soi, la sensation d’être « un pinceau sans peintre » comme le formule Véronique Nahoum-Grappe. À partir de là, et en discutant d’Erving Goffman ou de Nicolas Bouvier, et de toutes les grandes enquêtes qu’elle a effectuées (sur la « culture de l’ivresse » ou la violence dans la guerre de Bosnie), elle dévide la pelote du juste regard sociologique, qu’elle appelle « ethno-phénoménologique » : la description contre l’interprétation, l’accès au détail, le souci de savoir « comment les gens vivent » puisqu’il n’est rien d’autre que la vie quotidienne... »

François Cusset, Beaux-Arts Magazine, janvier 2006

La politique en manque de mots

2005 s’achève sur une question restée sans réponse malgré son caractère crucial : comment retrouver le goût du mot juste en politique ? La chercheuse Véronique Nahoum-Grappe et le compositeur Jean-Christophe Marti ouvrent des pistes... Au terme d’une année qui aura posé avec une particulière acuité la question de la mise en mots de la politique (du « plombier polonais » au Kärcher, de l’accusation de populisme aux expressions machistes et homophobes, des mensonges de la coalition américano-britannique en Irak aux délires meurtriers d’Al Qaida), on trouve l’écho inattendu des pratiques expérimentales décrites ci-dessus dans un livre d’entretiens discret, tranquillement transgressif, entre la chercheuse Véronique Nahoum-Grappe et le compositeur Jean-Christophe Marti. Ethnologue atypique - elle a travaillé sur l’ennui, l’ivresse, la notion de beauté sociale -, elle présente ses recherches comme procédant de « l’ethno-phénoménologie des conduites ordinaires contemporaines ». Dans ce recueil d’échanges tenus au cours de promenades dans Paris, elle y théorise l’usage de la balade comme mode d’appréhension du monde social, y défend l’art de la description comme exigence de justice à rendre au réel, revient sur son expérience de la mort et de la violence extrême pendant le siège de Sarajevo ou dans les camps de réfugiés de civils fuyant les militaires serbes, s’interroge sur les limites des sciences sociales... Trouver les mots justes pour réarmer sa pensée. Pas d’engagement crédible, plus de promesses audibles, sans le vocabulaire (en lettres, en images) pour les dire. »

Jade Lindgaard, Les Inrockuptibles, 28 décembre 2005-10 janvier 2006.


ISBN : 2-35096-010-2, 236 pages, format 21 x 14 cm, parution mai 2005.

Livre présenté sur Les Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com.
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