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Vendu dans les librairies et sur la toile depuis le 9 octobre, le Manuel Vaudou Nicolas Sarkozy avait provoqué les foudres du chef de l’Etat, qui estimait que le coffret portait atteinte à sa dignité.Débouté par le TGI le 29 octobre, Nicolas Sarkozy avait fait appel.
Aujourd’hui, la cour d’appel de Paris a donné raison au Président, mais maintient la commercialisation de la poupée… Sous condition.
Pas d’inquiétude, vous pourrez encore offrir le charmant coffret à vos proches pour Noël et piquer à votre guise la poupée vaudou de Sarkozy…
L’objet polémique restera bel et bien en vente, n’en déplaise au Président. La cour d’appel ne voyait pas l’intérêt d’interdire la commercialisation de la poupée, estimant une décision
pareille «disproportionnée et inadéquate».
Me Thierry Herzog, l’avocat du Président, s’est d’ailleurs dit «très satisfait» du jugement.
Il faut dire qu’il aurait été bien surprenant que Nicolas Sarkozy ne perde.
Invoquant le droit à l’image, le Président, pugnace et pour le moins sensible à son image, avait intenté un procès au groupe Tear Prod, la société fabricante des poupées.
Très procédurier, le chef de l’Etat s’était pourtant vu perdre le 29 octobre dernier. Une première pour un Président.
Le Tribunal de Grande Instance avait en effet privilégié le droit à la liberté d’expression et à l’humour, au droit à l’image, estimant que «cette représentation non autorisée de l’image de Nicolas Sarkozy ne constituait ni une atteinte à la dignité humaine ni une attaque personnelle».
Mais il en faut plus pour barrer la route du Président, qui a fait appel.
Le 14 novembre dernier, la chambre des référés de la cour d’appel avait décidé de se laisser encore deux semaines pour réfléchir.
Lors de l’audience, l’avocat du Président avait réclamé que ce dernier ne soit ni mieux ni moins bien traité qu’un citoyen «ordinaire», et mis en avant le caractère animiste de la poupée. D’après lui, celle-ci «dépassait de loin le droit à la caricature» et induisait une forme «d’incitation à la haine».
Un plaidoyer "victimisateur" auquel les magistrats n’ont pas véritablement adhéré, voyant davantage l’aspect ludique du manuel, et concevant la poupée et ses aiguilles comme un genre de «débat d’opinion».
Florianna Fis
Vendredi 28 novembre 2008