La citoyenneté s'use si l'on ne s'en sert pas. La République est l'affaire de chaque citoyen libre de s'informer, de s'exprimer et d'échanger
Edgard Pisani devrait pouvoir parler dans le Paysage audiovisuel français cela apporterait un peu d'oxygène et de réflexion dans cette campagne agitée et superficielle.
Il est trop facile d'attribuer à Mai 68 l'origine de tous nos problèmes. La politique compassionnelle mise en scène depuis fort longtemps n'en découle pas par exemple avec tous ces ministres qui reprennent le rôle autrefois dévolus aux gens d'église.
La critique des totalitarismes s'est transformée en un chasse aux idéologies, aux utopies, aux valeurs dénigrées et ridiculisées parce qu'elles nous empêcheraient d'être modernes et réactifs et de faire face à la complexité de la vie en société. Le "il est interdit d'interdire" ( sympathique au départ dans une société verrouillée a pu se révéler dangereux) s'est transformé rapidement en "il est interdit d'espérer et d'avoir des projets ou des programmes".
On a glorifié une version occidentalisée de l'efficacité orientale du "sage est sans idée". Il serait peut être utile de lire les ouvrages de François Jullien pour sortir de cet orientalisme pour touristes pressés.
Il nous faut une réflexion sans entrave, sans préjugé, sans corrigé-type imposé au nom d'un prétendu réalisme économique érigé en dogme infaillible. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas savoir comtper et produire avec efficacité pour distribuer avec plus d'équité.
Edgard Pisani nous y appelle, très bien, cela prendra du temps et ce n'est pas en jouant le scénario de l'homme providentiel dénigrant les partis et les clivages de pensée que nous y arriverons. Un pays ne se dirige pas comme une entreprise devrait l'être ( car pour connaître un peu ce monde là on y est fort éloigné du mythe du choix des meilleurs quels que soient leurs engagements civiques).
_________________
"On ne peut pas admirer en même temps la lune, la neige et les fleurs"
Deslilas
Pour se rendre sur le blog de M. Edgard Pisani